Volontourisme : définition, dérives et comment l’éviter ?

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Partir à l’étranger pour donner de son temps, découvrir une autre culture et participer à un projet solidaire peut sembler être une démarche forcément positive. Pourtant, toutes les formes de volontariat à l’étranger n’ont pas le même impact.

Depuis plusieurs années, le terme volontourisme est utilisé pour désigner certaines expériences situées à la frontière entre le tourisme et le volontariat.

Derrière une intention de départ souvent sincère peuvent se cacher des projets mal adaptés aux besoins locaux, un manque de compétences ou encore des activités pensées davantage pour l’expérience du voyageur que pour les populations concernées.

Alors, qu’est-ce que le volontourisme ? Pourquoi fait-il l’objet de critiques ? Et surtout, comment choisir une mission à l’étranger de manière responsable ?

Qu’est-ce que le volontourisme ?

Le volontourisme est un terme formé à partir des mots « volontariat » et « tourisme ».

Il désigne généralement une forme de voyage au cours de laquelle une personne consacre une partie de son séjour à une activité présentée comme solidaire, humanitaire ou environnementale.

Les expériences proposées peuvent prendre différentes formes :

  • participer à un projet éducatif
  • intervenir auprès d’enfants
  • contribuer à la construction ou à la rénovation d’infrastructures
  • participer à des actions environnementales
  • travailler auprès d’animaux
  • prendre part à certaines actions sanitaires ou sociales

Le problème n’est donc pas nécessairement le fait de voyager tout en donnant de son temps.

Les critiques autour du volontourisme concernent surtout la manière dont certaines missions sont conçues, commercialisées et réalisées.

Pourquoi parle-t-on de volontourisme ?

Le développement du tourisme international et l’envie croissante de donner du sens à son voyage ont favorisé l’apparition de nombreuses offres de volontariat à l’étranger.

Certaines organisations proposent ainsi des séjours combinant découverte d’un pays et participation à une action locale.

Cette approche peut toutefois créer une ambiguïté.

Qui est réellement au centre du projet : la population locale ou le voyageur ?

Une mission solidaire devrait normalement partir d’un besoin identifié sur le terrain. Le volontaire intervient alors dans un cadre défini, avec une utilité réelle et des missions adaptées à ses compétences.

À l’inverse, une logique de volontourisme peut conduire à construire des activités parce qu’elles sont attractives pour les voyageurs, même lorsque leur utilité locale est limitée.

C’est cette inversion des priorités qui concentre une grande partie des critiques.

Quels sont les risques du volontourisme ?

Toutes les expériences de volontariat international ne doivent évidemment pas être considérées de la même manière.

Certaines dérives sont néanmoins régulièrement associées au volontourisme.

Des missions qui ne répondent pas aux besoins locaux

Une action utile commence normalement par une question simple : de quoi les personnes sur place ont-elles réellement besoin ?

Dans une logique de volontourisme, le raisonnement peut parfois être inversé : on cherche d’abord une activité attractive à proposer au volontaire, puis on construit le séjour autour de celle-ci.

Or, une action visible ou gratifiante pour le participant n’est pas forcément celle dont une communauté a besoin en priorité.

Des volontaires qui remplacent des professionnels locaux

Une mission internationale ne devrait pas créer une concurrence avec l’emploi local.

Si une activité peut être réalisée durablement par une personne sur place disposant des compétences nécessaires, faire venir régulièrement des volontaires étrangers pour l’effectuer peut soulever une vraie question sur l’utilité du dispositif.

L’objectif d’une action solidaire doit être de contribuer à un projet local, pas de remplacer inutilement les compétences disponibles sur place.

Des missions qui demandent des compétences particulières

La bonne volonté ne remplace pas une qualification.

Cette question devient particulièrement importante dans les domaines de la santé, de l’éducation, du social ou de la construction.

Une personne sans formation médicale ne devrait par exemple pas réaliser des actes qui nécessiteraient une qualification professionnelle dans son propre pays.

Le même principe s’applique à de nombreuses activités : les responsabilités confiées au volontaire doivent correspondre à ses compétences et à son expérience.

Des séjours trop courts pour avoir un impact réel

Une mission humanitaire courte durée n’est pas automatiquement inutile.

Tout dépend du projet.

Une intervention courte peut avoir du sens lorsqu’elle s’intègre dans une action suivie localement, avec des objectifs précis et une continuité avant et après le passage des volontaires.

Elle devient plus problématique lorsque les participants se succèdent sans véritable suivi ou lorsque l’activité doit être recréée à chaque nouveau groupe.

[LIEN INTERNE : ARTICLE « mission humanitaire courte durée »]

Le cas sensible des missions auprès des enfants

Les projets auprès des enfants nécessitent une vigilance particulière.

Les rotations fréquentes d’adultes étrangers, les interactions de courte durée et la recherche d’expériences émotionnellement fortes peuvent entrer en contradiction avec l’intérêt des enfants concernés.

Les missions dans des écoles, centres d’accueil ou structures accueillant des enfants doivent donc être encadrées avec précaution.

Volontourisme et mission humanitaire : quelle différence ?

La frontière peut parfois sembler difficile à identifier.

Le simple fait de payer pour participer à un séjour ou de profiter de son temps libre pour découvrir le pays ne suffit pas, à lui seul, à déterminer si une expérience relève du volontourisme.

La différence se situe davantage dans la construction et la finalité du projet.

Une mission responsable devrait notamment reposer sur :

  • un besoin identifié localement
  • une collaboration avec des acteurs présents sur le terrain
  • des activités utiles au projet
  • des tâches adaptées aux compétences des participants
  • un encadrement défini
  • une continuité des actions
  • une place importante accordée aux acteurs locaux
  • une transparence sur l’organisation et le financement du séjour

À l’inverse, il faut être vigilant lorsque la communication se concentre essentiellement sur l’expérience exceptionnelle promise au volontaire : changer des vies en quelques jours, « sauver » une population, vivre une aventure extraordinaire ou obtenir un accès privilégié à des populations vulnérables.

Une action humanitaire est plus complexe que cela.

Payer pour une mission humanitaire, est-ce du volontourisme ?

C’est une question fréquente et la réponse mérite d’être nuancée.

Le fait qu’un volontaire participe financièrement à son séjour ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit de volontourisme.

Un départ à l’étranger génère des coûts : transport, hébergement, nourriture, déplacements locaux, coordination, encadrement ou encore fonctionnement des projets.

La question importante est donc plutôt de savoir à quoi sert l’argent demandé au participant.

Une organisation sérieuse doit pouvoir expliquer clairement :

  • ce que finance la participation
  • ce qui est compris dans le prix
  • comment les projets locaux sont financés
  • quelle part concerne l’organisation du séjour
  • quels acteurs interviennent sur place

Cette transparence permet au futur volontaire de comprendre le fonctionnement du projet avant de s’engager.

Comment reconnaître une mission de volontourisme ?

Il n’existe pas un critère unique permettant de qualifier automatiquement une organisation de volontourisme.

En revanche, plusieurs signaux doivent pousser à poser davantage de questions.

1. Tout semble possible sans aucune compétence

Pouvoir choisir librement une activité médicale, éducative ou technique sans que personne ne vérifie vos qualifications doit vous interroger.

2. L’expérience du volontaire est davantage mise en avant que le projet local

Photos spectaculaires, promesse de transformation personnelle, proximité avec des enfants ou des populations vulnérables…

Si vous comprenez parfaitement ce que vous allez vivre, mais pas ce que le projet apporte concrètement sur place, demandez davantage d’informations.

3. Les partenaires locaux sont invisibles

Qui porte le projet sur place ?

Qui définit les besoins ?

Qui poursuit les actions lorsque les volontaires repartent ?

Les réponses à ces questions sont importantes.

4. L’utilisation de votre participation financière reste floue

Une organisation doit pouvoir expliquer ce que vous payez et pourquoi.

5. Il n’y a aucune sélection des participants

Une mission responsable peut nécessiter de vérifier l’âge, les compétences, les motivations, les qualifications ou la capacité du participant à réaliser certaines tâches.

Pouvoir « acheter » immédiatement n’importe quelle mission sans échange préalable peut constituer un signal d’alerte selon la nature du projet.

Comment choisir une mission humanitaire responsable ?

Avant de partir, ne choisissez pas uniquement une destination ou une activité qui vous plaît.

Interrogez également l’organisation sur le fonctionnement concret de ses missions.

Vous pouvez notamment demander :

Quel besoin local justifie cette mission ?

Avec quels partenaires travaillez-vous sur place ?

Qui encadre les volontaires ?

Pourquoi avez-vous besoin de volontaires étrangers ?

Quelles compétences sont nécessaires ?

Que se passe-t-il entre deux groupes de volontaires ?

Comment est utilisée la participation financière ?

Comment mesurez-vous l’utilité des actions réalisées ?

Une organisation sérieuse devrait pouvoir apporter des réponses concrètes à ces questions.

Peut-on faire de l’humanitaire sans tomber dans le volontourisme ?

Oui.

Le débat autour du volontourisme ne signifie pas que toute forme de bénévolat à l’étranger est inutile ou problématique.

Il invite surtout à regarder au-delà de l’intention individuelle.

Vouloir aider est un point de départ. Encore faut-il que l’action proposée soit réellement utile et adaptée au contexte local.

Avant de partir, prenez donc le temps de comprendre le projet, son fonctionnement, les partenaires impliqués et ce qui sera réellement attendu de vous.

Vous pouvez également consulter notre guide pour savoir comment partir en mission humanitaire et préparer votre projet avant de vous engager.

Ce qu’il faut retenir sur le volontourisme

Le volontourisme désigne des formes de voyage mêlant tourisme et volontariat, avec des pratiques très diverses.

Les critiques apparaissent principalement lorsque l’expérience du voyageur prend le dessus sur les besoins des populations locales, lorsque les volontaires interviennent sans compétences suffisantes ou lorsque les projets manquent de continuité.

Avant de choisir une mission, il est donc essentiel de regarder au-delà de la destination et de l’expérience proposée.

À qui le projet est-il réellement utile ? Qui l’a demandé ? Qui le pilote sur place ? Et que restera-t-il après le départ des volontaires ?

Ce sont probablement les questions les plus importantes à se poser avant de partir.

 

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FAQ sur le volontourisme

Qu’est-ce que le volontourisme ?

Le volontourisme désigne généralement une forme de voyage associant tourisme et participation à une activité de volontariat, solidaire ou humanitaire. Le terme est notamment employé de manière critique lorsque l’expérience proposée au voyageur prend le pas sur l’utilité réelle du projet local.

Quelle est la différence entre volontourisme et volontariat ?

Le volontariat recouvre différentes formes d’engagement dans lesquelles une personne consacre du temps à une mission ou un projet. Le terme volontourisme désigne plus spécifiquement des expériences combinant voyage touristique et volontariat et est souvent utilisé pour questionner certaines pratiques de ce secteur.

Le volontourisme est-il forcément mauvais ?

Toutes les expériences combinant voyage et engagement ne sont pas identiques. L’impact dépend notamment de la manière dont le projet est conçu, des besoins locaux, de l’encadrement, des compétences demandées et de la continuité des actions.

Pourquoi le volontourisme est-il critiqué ?

Les principales critiques concernent les projets qui répondent davantage aux attentes des voyageurs qu’aux besoins locaux, les interventions réalisées sans qualification suffisante, le remplacement potentiel de travailleurs locaux et certaines activités auprès de populations vulnérables.

Comment éviter le volontourisme ?

Avant de partir, renseignez-vous sur les partenaires locaux, l’origine du projet, l’encadrement, les compétences demandées, l’utilisation de votre participation financière et la continuité des actions après le départ des volontaires.

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